Ils avaient les pupilles extraordinairement dilatées avec un grand cercle noir autour des yeux, qui se prolongeait jusqu’au bas de leurs oreilles ; leurs nez bleuâtres saillissaient entre leurs joues creuses, fendillées par des rides profondes ; la peau de leur corps, trop large pour leurs muscles, disparaissait sous une poussière de couleur ardoise ; leurs lèvres se collaient contre leurs dents jaunes ; ils exhalaient une infecte odeur ; on aurait dit des tombeaux entr’ouverts, des sépulcres vivants. (Gustave Flaubert, Salammbô ; pour moi, le meilleur roman d’héroisme jamais écrit, et le précurseur d’un Merritt, d’un Howard, d’un Tolkien et de toute la mauvaise heroic fantasy qui s’en est suivie ; aucun n’a dépassé le maître dans ce genre — c’est une opinion personnelle, limitée aussi par le nombre des ouvrages que j’ai essayés — ; que l’un des plus grands écrivains de la littérature française, que Monsieur Gustave Flaubert ait écrit un roman d’heroic fantasy, qui l’aurait cru ? il faut le lire pour le croire, mais peut-être est-ce déjà fait, et, malgré ma science infuse, suis-je le dernier à m’en être aperçu.)
Harry Man
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