Il ne savait jamais quand elle allait venir. C’est pourquoi il devait rester attentif au moindre présage. Sinon, elle le prendrait au dépourvu.
Ce matin, par exemple, à Indianapolis.
Il avait passé la nuit à jouer aux cartes avec Maxie Hearn et deux types qui faisaient de la pub télévisée. C’était dans l’appartement de Maxie, au sommet d’un immeuble d’English Avenue. Il avait gagné vingt-six mille dollars.
Le soleil se levait quand il avait montré sa dernière main. Un roi, deux as et deux huit.
« Hé ! Mauvaises nouvelles ! » avait dit Maxie.
« Quoi ? »
« Paire de huit et paire d’as. Tu sais ce que ça signifie ? »
« Non. »
« On appelle ça une main de mort. »
Pas besoin d’autre avertissement. Il s’était tiré. Et vite.
Ça, c’est un des neuf romans traduits en français qu’a écrit Marc Behm, cet écrivain qui m’a électrocuté un jour que je lisais Et ne cherche pas à savoir….
Après avoir recouvré mes esprits, j’avais décidé d’écrire un roman moi aussi, ce que j’avais renoncé à faire dix ans plus tôt, m’étant persuadé que je ne ferais jamais un bon auteur.
Serai-je un jour publié ? resterai-je dans la terre jusqu’à la fin comme une graine stérile ?
Ne cherche pas à savoir…
Harry Man
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